Faire relâche, une attitude essentielle à l’activation de l’intelligence situationnelle, une attitude qui demande engagement et persévérance.
Faire relâche, pour dire agir en conscience d’être pour interrompre temporairement une action, avec la persévérance d’y revenir à un autre moment, avec d’autres dispositions pour continuer de respecter un engagement.

Faire relâche, à ne pas confondre avec la réplique d’un comportement lâche, au sens, dépourvu de loyauté, d’honnêteté, de responsabilité.

Faire relâche, pour dire aussi lâcher prise un instant non défini, pour se donner de l’espace, lâcher la résistance, l’inconfort, et aussi ce pouvoir de l’illusion de tout contrôler gros consommateur d’énergie et piètre candidat à l’intelligence sensible.

Si le cœur vous en dit, faites relâche de toutes vos occupations du moment, le temps d’une lecture, et engagez-vous à revenir à vous, en observateur bienveillant.

Bienvenue, que la clarté soit !

Faire relâche, c’est une action consciente de présence à soi, et/ou à l’autre.
Faire relâche, c’est laisser de côté toutes les pensées intrusives, c’est comme mettre le cerveau en stand-by, en arrière plan, en veille.
Bien sûr, ce cerveau est un dévoreur d’attention, et un outil puissant qui n’a de cesse de résoudre des problèmes, d’explorer la complexité des choses, puisqu’il est programmé pour cela.

Lorsque votre cerveau devient un serviteur dévoué, alors il poursuit sa veille sans vous déranger dans votre attitude de centrage en vous, d’observateur conscient de ce qui est.
Ce serviteur dévoué agit dans la plus grande délicatesse pour vous informer des réels dangers potentiels, tout autant qu’il vous laisse savourer la plénitude de la contemplation.

Ce serviteur dévoué répond aux commandes du cœur, et tout le corps physique participe de l’équilibre dynamique et de l’harmonie ambiante.

Lorsque vous utilisez votre cerveau comme une usine à produire des pensées, sans vous soucier de la qualité de la matière première utilisée, à savoir le stockage des données intellectuelles et toute l’information prise sous forme de « gavage », alors il devient vite un despote, un dictateur, un envahisseur qui ne vous laisse aucun répit. Vous restez donc dans la survie, le rêve cauchemar, et dans l’illusion.
Votre cœur s’emballe, votre corps subit la surcharge, et c’est le mode compulsif, voire archaïque qui agit, le tout à une vitesse vertigineuse.

coeurPour apprendre à faire relâche, il est nécessaire de ralentir le mouvement intérieur, par la présence consciente à soi, de soi.
Le plus facile et le plus accessible aussi, c’est de déplacer votre attention sur votre respiration.
De nombreuses techniques de respiration consciente sont maintenant proposées, et dans l’instant, je vous suggère de vous informer sur la respiration nommée « cohérence cardiaque ».

Plutôt que de buter, de s’acharner, de se révolter, et de laisser au cerveau la capacité de ruminer sans cesse, ou bien de laisser couler une grosse dalle en béton armé pour ne plus être confronté à la véracité des choses, choisissez plutôt la cohérence avec vous-même.

Faire relâche, c’est aussi savoir utiliser les nombreux « outils » du corps avec pertinence.

Vous pouvez acheter une truelle et laisser votre mental vous faire croire que vous possédez déjà une nouvelle maison.
Vous pourez vous équiper de la dernière technologie en matière de communication et vous faire croire que vous maîtrisez la communication intra et interpersonnelle.

Ce qui est réellement, c’est que vous augmentez votre niveau de dépendance quant aux choses de l’extérieur, en maintenant une forme d’illusion, sans pour autant ressentir ce qui est à l’intérieur de vous.

Faire relâche d’avec l’illusion du mental, c’est choisir d’agir à partir du ressenti intérieur, être à l’écoute et en observation du besoin véritable de l’être, ce besoin qui émerge dans le centrage avec soi, et autrement que par le débit incessant de la pensée et des désirs qui viendront combler temporairement un bonheur artificiel, sans aller à la réalité de ce qui est.

Faire relâche, c’est accepter temporairement de « visiter » le vide intérieur, accueillir la présence qui expérimente l’aventure humaine, cette présence qui n’est pas nos pensées, cette part de nous qui nous est inconnue, silencieuse derrière les amas de croyances, de conditionnements, de programmations à réagir à un mode de survie.

Faire relâche temporaire, et de façon régulière, tout en restant fidèle à ses engagements, par loyauté, avec amour, intégrité et bienveillance exige du courage, de la persévérance et de l’humilité.

Faire relâche, ce n’est pas tout lâcher, renoncer, rester dans la passivité ou encore lâcher d’avec toutes les lois, les devoirs, le structures, au point d’établir une dictature en laquelle l’égoïsme et la peur de perdre le connu dominent.
Agir par l’entremise des pièges relationnels, affectifs, par la manipulation, l’abus de confiance, de pouvoir, conduit tôt ou tard au constat d’une forme de lâcheté, celle de trahir, de tromper l’autre et soi, en se persuadant encore d’être conforme à l’illusion d’une belle personne.

Les manipulateurs ne connaissent pas la relâche.
S’il y a relâche, il y a perte du contrôle, et l’autre peut alors s’éveiller à la réalité, à la véracité des choses, à l’absence de congruence, cet alignement qui ne laisse aucun doute à ce qui est, le verbe en accord avec la posture et les actes.

Alors si vous sentez en vous cette force de la persévérance à savoir faire relâche chaque fois que c’est nécessaire, chaque fois que vous décidez d’être conscient de vous, de ce qui est, tout en restant centré avec vos engagements, c’est que vous vivez peut-être déjà sans le savoir avec la présence qui observe au delà des croyances et des conditionnements.

Persévérer n’est pas vaincre ou convaincre, ni même conquérir.
Pas d’obstination, pas de compétition, ni de désir de grandeur ou de hauts sommets virtuels.
Persévérer, c’est sentir en soi ce « faire relâche« , se centrer avec, pour cheminer sur la route de la simplicité, développer l’attention aux messages subtils de la vie, et créer à partir de soi, sans retenue ni jugement, laisser émerger en soi l’être véritable.

La prochaine fois que vous déciderez de faire relâche, soyez conscient de votre besoin profond dans l’instant.

Que souhaitez-vous lâcher ?
Quel(s) lien(s) voulez-vous rompre ?
Quelles chaînes invisibles vous empêchent d’ouvrir votre espace de conscience ?
A quel genre de pensées envahissantes ou d’envahisseurs faites-vous face ?

S’engager à pratiquer régulièrement ces instants pour faire relâche, c’est arrêter le système mécanique, la programmation, le conditionnement inconscient pour se réapproprier la véracité de ce qui est, le réel nu de l’instant, une sorte de retraite avec soi, et vivre l’expérience d’être, simplement, pour accepter d’aller au delà des prisons mentales, et sentir jaillir en soi ce besoin de créer.

Testé et approuvé
Et pour vous, c’est quand ?

 

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