Désapprendre, un verbe qui ne figure pas au dictionnaire officiel, comme si cette action n’avait pas d’existence réelle.
Désapprendre, radical du verbe apprendre, acquérir des connaissances ou des compétences, auquel est ajouté un préfixe « dé », séparation, cessation, différence.
Paradoxal n’est-ce pas ?
Le « désapprendre« , action de défaire « l’appris », agir par désinformation de l’information enregistrée, comment procéder ?

Bienvenue dans le réel, là où circule le désapprendre !

La façon la plus directe et la plus immédiate de désapprendre consiste à intégrer un état intérieur, et/ou extérieur en lequel il n’existe aucun enregistrement préalable que le cerveau va traiter par la fabrication d’une réalité immédiate, déjà connue.
Cela s’appelle le ressenti, la présence intérieure dépourvue de toutes informations intellectuelles, la rencontre avec le non connu.
La réalité immédiate connue est nommée la croyance, et inconsciemment considérée comme vérité durable pour soi (voire pour d’autres aussi).
Cette réalité mentale est  sécurisante, c’est le connu, ce qui est appris.
Se croire en sécurité ne signifie pas pour autant être en sécurité réelle et véritable, car la vie est mouvement, et cette sécurité apparente peut d’un seul coup d’un seul basculer en insécurité totale.
Exemple : Perdre son emploi.
D’un seul coup, cette sécurité apparente, manifestée par la garantie d’un salaire, qui permet de pourvoir à un équilibre matériel, disparait.

Toute la construction mentale de notre monde, et la nôtre de surcroît,  repose entièrement sur un système de croyances, de « vérités » apprises.
Est-ce pour autant que ces « vérités » apprises sont comprises avec soi, comprendre c’est prendre pour soi et unifier avec soi.

Ces croyances, simples représentations mentales au départ, ou hypothèses, se sont transformées au fil des siècles et des millénaires en structures rigides, en fondements souvent non révisables (les dogmes), à produire des conditionnements systématiques, comme une suite logique de nombres à l’infini, et l’impossibilité de « sortir du rang ».
C’est le système dit éducatif. Qu’il soit familial, scolaire, social, religieux, politique, scientifique, ce système maintient un mouvement dans lequel nous apprenons, intellectuellement, corporellement.
De génération en génération, des informations toujours les mêmes ont circulé, comme des constantes admises pour vérité de ce qui est.

Dans ce même mouvement spatio-temporel, des informations tout à fait nouvelles ont émergé, pour contredire, ou dire plus loin quelque chose d’autre par rapport à la vérité « officielle » établie par le pouvoir dominant du monde en place (religieux, politique, scientifique, commercial). Ces informations nouvelles suscitent tellement de peurs, qu’elles engendrent un mouvement de combat, de destruction immédiate, pour rester dans le connu.

Il y a ce que nous apprenons de façon intellectuelle, et ce que nous apprenons de façon corporelle.
Dans un cas, comme dans l’autre, nous pouvons passer une vie à apprendre sans pour autant être conscient de nos apprentissages multiples et variés, et leur raison d’être.
A quoi ça sert toutes ces données, tous ces gestes appris ?
L’éveil avec soi va se produire dès qu’il y a présence « supérieure » pour observer et ressentir tout ce qui passe dans tout le corps physique.

D’un point de vue global, la découverte de la réalité terrestre, passe un système apprendre/désapprendre, pour intégrer une nouvelle connaissance.
Est-ce pour autant que nous réapprenons ?
Se pourrait-il que le
désapprendre nous mène à transformer, à créer,  plutôt que de reconduire une action non consciente identique ?

Celui ou celle qui porte sa vision plus loin, dans l’abstraction des choses, dans l’inconnu, dans le non connu, passe nécessairement par le désapprendre sans pour autant en avoir conscience.
L’intelligence supérieure, sous forme d’énergie informationnelle, agit. Nous nommons cela la lumière.
La remise en question, l’humilité, l’utilisation du discernement, l’acceptation du « non savoir », dessine un chemin cérébral en lequel, pour un temps, le désapprendre est pleinement actif par acceptation du « non connu- non défini », autrement nommé « irrationnel », « abstrait ».

Bien sûr, cette attitude au désapprendre produit temporairement une insécurité, car cela revient à perdre ses acquis, ses repères, voire son « importance », et à se retrouver tout seul face au monde.
Or l’humain n’aime pas perdre, il n’aime pas la solitude non plus, il aime son importance, et est plutôt conditionné à la possession, à l’attachement, à la dépendance de ses possessions.
Qu’il s’agisse de possessions matérielles ou de possessions intellectuelles, c’est le même attachement, la même dépendance, la même peur vis à vis de la perte.

Pourtant, chez certains individus, cette même « insécurité »génère un état de plaisir, d’exaltation, de satisfaction et de complétude.
Ces individus particuliers sont ceux qui passent par la création, la création sous toutes formes possibles et actions possibles, menées en conscience d’être.
Communément, nous nommons ces individus des artistes.

« L’étiquette » artiste, et la croyance mentale définie peut nous faire croire qu’il n’y a pas d’artiste en nous. C’est peut-être faux !
A chaque instant, nous utilisons le pouvoir créateur, nous mettons en mouvement avec l’énergie.
Plus nous répétons les mêmes actions, avec le même désir d’obtenir un résultat souhaité, en mode mental conditionné, plus nous nourrissons notre attachement à la possession.
La fonction « copier-coller » du cerveau et la peur de ne plus exister au regard du monde font de nous des individus robotisés, en survie par la fuite en avant permanente que nous nommons « réussite-échec ».

La capacité que nous possédons de capter, de sentir, de ressentir maintient en nous le mode être vivant, conscient de l’enfermement, et vigilant quant à la croyance que la survie est nécessaire, et qu’elle passe nécessairement par la réplique d’actions toujours les mêmes.

Par la simple présence consciente, le ressenti, et l’observation avec soi, nous activons le désapprendre, car nous arrêtons de façon volontaire la fonction cérébrale « copier-coller », nous apprenons naturellement à nous désengager de l’attachement, et des possessions en général, pour goûter à la simplicité d’être.

Méditer en réflexion consciente, en action consciente, sans désir d’obtenir quoi que ce soit, permet de mettre en lumière ce cycle de l’emprisonnement mental : programmation-croyance-désir-attachement-dépendance-peur, et de le transformer en confiance avec la Vie universelle.

La capacité créative peut alors émerger, il n’y a plus d’attente particulière, et ce besoin de sécurisation intérieure est comblé.
Désapprendre, c’est agir en conscience avec soi pour « attaquer le système des croyances », à partir de soi, et non à partir d’un autre postulat de « vérité vraie ».

La pratique par le ressenti du corps, dans la sensation, et la mise en mouvement de l’expression spontanée, authentique, est une forme d’apprentissage dans laquelle il n’y a rien à apprendre.
Quelle que soit la forme d’expression choisie, lorsqu’elle émane du cœur et sans attente particulière, elle agit pour désapprendre et revenir à l’être en soi.

Nul ne respire à la place de l’autre, et tant que nous respirons individuellement en conscience, nous activons le désapprendre, pour comprendre notre propre mécanique de fonctionnement, et recevoir des perceptions nouvelles qui nous éveillent à nous-mêmes.

éveilS’éveiller à soi, c’est comme redevenir un enfant qui s’émerveille de tout ce qu’il découvre, avec l’intelligence naturelle supérieure en présence, et l’envie de créer.
Cette intelligence naturelle supérieure, c’est l’accès à la grande bibliothèque universelle, là où les livres sont juste de l’énergie informationnelle, à transformer en joie d’être, à partir de soi, et participer à la co-création d’une humanité véritable.

Désapprendre, c’est juste une pratique comme respirer, une action consciente permanente, celle de sentir en soi le « vivre » réel, sans artifice.

 

 

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