L’esclave et le maître, un couple bien connu de notre histoire humaine, archétype peut-être de toutes les constructions intérieures, comme s’il n’était rien d’autre que la dualité pour se connaître, co-naître, naître avec soi.
L’esclave et le maître, une alliance insolite, tout autant qu’une dépendance corrosive, une interdépendance à accueillir, observer, comprendre pour faire fusionner les extrêmes, et changer de trajectoire.

« Lorsque l’esclave meurt, le maître disparaît » G.F.W. Hegel

Il y a des affirmations comme celle-ci qui produisent une sorte de feu rouge intérieur, un besoin de s’arrêter un instant, de ressentir ce qui se passe dans le corps, de s’interroger dans ce drôle d’espace intemporel, l’intime de soi qui sait, le non formel, l’intuition sensible.

Bon Jour, et que l’énergie du renouveau se libère en toute fluidité !

Le feu naît, et le feu meurt.
On allume un feu, on éteint un feu, ou alors il s’éteint de lui-même, lorsqu’il n’y a plus rien à brûler.
Le feu est destructeur, ravageur, tout autant que le feu réchauffe, rassemble, sécurise, hypnotise.
Entre une veillée nocturne autour d’un feu, son parfum, son crépitement, ses couleurs, sa présence et un incendie qui galope, brûle, consume, il y a toute une palette de feux intermédiaires, des feux réels, des feux virtuels et des flammes qui attirent.

L’esclave naît, et l’esclave meurt, comme le feu, comme le corps.
L’esclave est-il né esclave ? Est-ce un statut social ? Est-ce une destinée ?

La glace apparaît quand la température est très basse, l’eau se fige, se solidifie, fait bloc, elle s’impose comme une force, un barrage. La glace disparaît lorsque la température s’élève, la glace se réchauffe, fond, l’eau redevient fluide, l’eau pénètre la terre ou s’évapore. La glace a disparu sous l’effet de la chaleur du feu solaire.
L’eau c’est la vie, l’élément yin, féminin, le maître élément sans lequel il n’est pas de naissance, de croissance, d’expansion.

Le maître est celui qui donne l’ordre, commande. Il agit comme une force qui fait barrage, il impose une rigueur, une hiérarchie, un plan d’exécution. Il détient le pouvoir, il domine, il est l’autorité en place, il est le feu qui glace.
Le maître est-il né maître ? Est-ce un statut social ? Est-ce une destinée ?

Le maître est-il un donneur d’ordres qui est craint, celui qui détient le pouvoir et s’y accroche, celui qui est dépendant de l’esclave pour exister ?
Le maître peut-il être un instructeur bienveillant, celui qui possède la maîtrise, le feu qui éclaire, et transmet sa co-naissance, l’eau qui donne la vie ?
Le maître véritable est-il un feu de sagesse qui brûle l’ignorance chez l’esclave qui ne sait pas encore qu’il est né libre, libre comme l’eau, libre comme l’air, et qui apprend la maîtrise de lui-même ? Dans ce cas, l’esclave est naturellement appelé à mourir.

Lorsque l’esclave meurt, c’est que la lumière du savoir intérieur éclaire le chemin à vivre. C’est une mort-renaissance.
Parce que l’esclave est devenu conscient de ce qu’il est, un être humain doué de talents, porteur des compétences qu’ils possèdent en lui, de l’intelligence qui l’anime, il n’a plus besoin du maître instructeur, il est devenu le maître de son destin, il possède l’expérience, il choisit ce qu’il veut explorer, expérimenter, il est devenu autonome de lui-même.

Le maître instructeur est comme le feu qui s’éteint, il disparaît simplement, naturellement.
Il est un éveilleur temporaire, une présence intelligente, il ne s’accroche pas à l’illusion du pouvoir, il sait son pouvoir intérieur.

L’obscurité n’existe qu’en l’absence de lumière.
L’esclave est comme l’obscurité, tant qu’il est privé de sa lumière intérieure, il est dans l’ignorance du feu qui l’anime, il consume ses jours dans la souffrance causée par le maître ravageur, celui qui emprisonne, menace, juge, exige, maltraite, abuse, condamne, fige.

image visageLe couple maître-esclave fait des ravages, tant à l’extérieur, qu’à l’intérieur, quand l’un ne sait pas qu’il est dépendant de l’autre, que l’autre est garant de sa survie.
Chaque fois que vous répondez à un ordre, quel qu’il soit, en vous ou en réponse à ce qui vient de l’extérieur, prenez un instant avec vous, devenez conscient de votre choix, vous sentez-vous libre d’être ou agissez-vous sous la contrainte, la pression, la peur ?

Je vous invite, si le cœur vous en dit, à observer en vous les jeux de pouvoir entre l’esclave et le maître.
C’est un drôle de match intérieur, un combat entre l’ombre et la lumière, un mouvement permanent d’échange, de lutte pour le pouvoir, mais le pouvoir de quoi ?
S’agit-il d’aller vers la liberté d’être ?
S’agit de jouer à l’arbitre, et de poursuivre la dispute du match ?
S’agit-il d’apprendre à maîtriser les éléments de la vie, et comprendre que chaque élément a une fonction précise, un ordre intelligent, et un mouvement qui s’inscrit dans quelque chose de plus grand, quelque chose qui ouvre le chemin sur d’autres horizons, d’autres découvertes, d’autres apprentissages, d’autres constructions.

Apprentissage, le maître mot.
Apprenti-Sage ?
Donner vie à la vie, c’est le rôle de la sage-femme non ?
Et si la sagesse était un feu, de quelle nature serait ce feu ?

Le sage est-il assez sage pour voir qu’il est fou à créer la vie, un fou qui ose s’aventurer dans la puissance de cette force vive sans limite et d’en comprendre l’ordre ?
Cette folie là ne tue pas, elle nourrit, elle instruit, elle apprend à grandir, cette folie là c’est l’intelligence-amour, un autre couple dans lequel chaque sait qu’il est complémentaire avec l’autre, le principe féminin fusionné avec le principe masculin.
Ainsi, l’illusion du maître et de l’esclave n’a plus lieu d’être, ce cycle d’apprentissage s’achève pour donner vie à un autre cycle, ainsi va le mouvement de la vie.

Pour éteindre le feu de la souffrance, et sortir de l’esclavage, il est nécessaire de développer la réelle maîtrise avec soi, se connaître.
Lorsqu’il y a combat entre le feu et l’eau, l’un des deux aura pouvoir sur l’autre.
L’eau du chagrin peut éteindre le feu de la souffrance.
Lorsque l’intelligence-amour agit en maître, le feu de l’ignorance s’éteint, et l’eau de la vie coule à flot pour d’autres aventures, d’autres expériences, d’autres découvertes.
Ce maître là est l’expert qui possède la pleine maîtrise de la mesure des choses, il est le garant de la cohésion, de l’équité, de l’harmonie.

Le coaching de l’être, c’est la présence révélée du maître instructeur intérieur, la présence bienveillante qui agit avec l’intelligence-amour.
Si vous êtes né avec un « haut potentiel« , une « hypersensibilité« , comme je le suis moi-même, alors vous connaissez probablement ce feu de la souffrance de se sentir esclave de ce mental puissant, en dépendance permanente à cette création riche de la vie, ce besoin d’apprendre, de comprendre, de découvrir, de donner, d’aller plus loin en visionnaire, en pionnier, en éveilleur.

Peut-être connaissez-vous aussi les noyades permanentes dans l’océan du chagrin, les naufrages dans l’incompréhension de ce monde, les combats pour exister et prendre sa place, le défi permanent de se sentir tellement différent, et si proche de l’autre pourtant dans ce lien cœur à cœur authentique de l’intelligence-amour.

Vous êtes peut-être un, une personne à « haut potentiel » qui s’ignore, par peur de rencontrer cette différence, cet inconnu intérieur, cette ombre, ce mal d’être en profondeur en lequel est cette joie d’être dans la lumière de l’authenticité.  Cette intelligence sensible, cette singularité si peu connue et reconnue dans ce monde matériel qui nourrit la dépendance, génère toutes sortes de types d’esclavages intérieurs. Si c’est le cas, alors vous possédez en vous cette nature si riche qui permet de devenir observateur bienveillant avec soi.

J’ignore si G.W.F Hegel était né lui aussi avec cette singularité.
Une chose est certaine pour moi cependant, il cherchait l’équilibre au sein de ce paradoxe, cette conjonction d’opposés d’où jaillit un état fusion où il n’est plus ni maître, ni esclave, car l’un et l’autre savent qu’ils apprennent ensemble à se construire intérieurement, dans la complémentarité bienveillante l’un de l’autre, et non dans l’affrontement et les jeux de pouvoir.

Ce maître intérieur, qui ordonne pour révéler l’or déjà présent, agit en éveilleur . Tant que l’esclave humain, fruit du conditionnement inconscient ne sait pas qu’il est né porteur de l’intelligence universelle, il apprend sans relâche dans l’expérience de la prison de la peur, et de l’ignorance. Cet humain là expérimente la dépendance corrosive jusqu’à découvrir qu’il peut-être ressource pour lui-même, dans la conscience de son corps, dans la présence attentive à ce mouvement d’ombre et de lumière.

Albert Einstein écrivait :  » le cerveau intuitif est un don sacré, et le cerveau rationnel est un serviteur sur lequel on peut compter. Nous avons créé une société dans laquelle nous honorons le serviteur et oublions le don ».

Puissions-nous être nombreuses et nombreux à nous souvenir de ce don sacré de la vie, l’intelligence-amour.
Si votre mémoire flanche, je vous accompagne le temps d’une restauration, histoire de rencontrer votre génie personnel, ce drôle de maître-esclave libre d’être et de créer une vie meilleure…

 

 

Related posts: